R-04 · Équiper

Isoler une fenêtre du froid : joints, film, volets et rideaux

Assis près d’une fenêtre en hiver, on peut avoir froid pour deux raisons très différentes. Soit de l’air glacé entre par les bords du vantail : c’est un courant d’air, il se sent sur la main. Soit la vitre elle-même est froide et « aspire » la chaleur du corps : c’est une paroi froide, on la sent même fenêtre parfaitement close. Les deux se traitent, souvent sans changer la fenêtre, mais pas avec les mêmes gestes. Voici comment les distinguer, ce que chaque solution rapporte, et ce qu’il ne faut surtout pas boucher.

DuréeNiveauOutilFenêtres
30 min à 2 h par fenêtrefacilecutter, mètre, chiffon, sèche-cheveuxanciennes fenêtres bois ou PVC, simple vitrage surtout
En bref
Le courant d’air se règle aux joints ; la vitre froide, par une lame d’air (film ou survitrage) et par ce qu’on ferme la nuit (volets, rideaux, stores).
Sur une fenêtre bois à simple vitrage mesurée en laboratoire, le calfeutrement a réduit les fuites d’air de 86 %, et des volets fermés les pertes par la vitre de 51 %.
Isoler n’est jamais boucher : l’entrée d’air de la fenêtre reste libre, et on continue d’aérer chaque jour.

Deux froids différents

L’étude la plus parlante sur le sujet a été menée pour Historic Scotland, l’organisme du patrimoine écossais, par l’université Glasgow Caledonian. Une fenêtre en bois à simple vitrage y a été mesurée en laboratoire, puis équipée tour à tour de joints, de rideaux, de volets, de stores et d’un survitrage. Deux résultats éclairent tout le reste.

  • Le calfeutrement a réduit les fuites d’air de 86 %, mais n’a pas changé le coefficient de transmission thermique de la fenêtre (le U, qui mesure la chaleur perdue à travers elle). Les joints suppriment les courants d’air ; ils ne rendent pas la vitre plus chaude.
  • 72 % des pertes de cette fenêtre passaient par le simple vitrage. Pour réchauffer la paroi, c’est donc sur la vitre qu’il faut agir : ajouter une lame d’air, ou la couvrir la nuit.
Fenêtre à simple vitrage vue de l'intérieur avec trois repères : les fuites d'air au pourtour du vantail, à traiter par des joints, la vitre froide qui concentre l'essentiel des pertes, et l'entrée d'air en haut du vantail, à ne jamais boucher
FIG. 1 · PAR OÙ PASSE LE FROID

Repérer les fuites

Choisissez un jour de vent. Fenêtre fermée, passez le dos de la main lentement le long du vantail, puis à la jonction des deux vantaux s’il y en a deux, et sous l’appui. Complétez par le test de la feuille de papier, que cite le fabricant de ferrures MACO : fermez la fenêtre sur une feuille, tirez. Là où elle glisse sans résistance, le vantail ne serre plus.

Ne confondez pas une fuite avec la grille d’entrée d’air en haut du vantail ou dans le coffre du volet roulant. Elle laisse passer de l’air, et c’est voulu : elle fait partie de la ventilation du logement.

1. Calfeutrer : arrêter le courant d’air

Sur une fenêtre récente, PVC ou bois, il y a déjà un joint d’origine. Si l’air passe, il est soit usé, soit mal serré. On ne colle pas une mousse par-dessus : on le remplace, ou on règle la pression de fermeture. Voyez comment changer le joint d’une fenêtre PVC ou régler une fenêtre PVC qui laisse passer l’air.

Sur une fenêtre ancienne sans joint, le joint adhésif est la solution rapide. Les fiches techniques de tesa donnent un ordre d’idée des plages : sa mousse universelle comble des espaces de 1 à 5 mm, pour une durée de vie annoncée de 2 ans ; son profil I, des espaces de 1 à 3,5 mm, pour 4 ans. Une mousse est vite posée et vite usée ; un profil en caoutchouc dure plus longtemps. Pour un résultat durable sur du bois, un joint logé dans une rainure fait mieux : tout est expliqué dans notre guide du joint pour fenêtre bois.

  1. Mesurer le jour Fenêtre fermée, estimez l’espace entre le vantail et le dormant (la partie fixe du cadre) en glissant une cale ou une pièce de carton pliée. Choisissez un profil dont la plage couvre cet espace.
  2. Nettoyer Lavez la feuillure, cette marche du dormant contre laquelle le vantail vient fermer. Retirez la peinture qui s’écaille, laissez sécher. Un adhésif ne tient pas sur une surface grasse ou poussiéreuse.
  3. Coller sans tirer Posez le joint dans la feuillure, en déroulant la bande au fur et à mesure, sans l’étirer. Coupez net dans les angles.
  4. Vérifier la fermeture Fermez : la poignée ou l’espagnolette doit descendre sans forcer. Si la fenêtre ne ferme plus, le joint est trop épais. Refaites le test de la feuille.

2. Une lame d’air sur le simple vitrage

Un simple vitrage est une paroi mince : sa face intérieure est presque aussi froide que dehors. L’idée est d’emprisonner une couche d’air immobile entre la vitre et la pièce. Deux façons de le faire.

  • Le film de survitrage. Un film plastique tendu sur le cadre, à quelques millimètres de la vitre, collé par un adhésif double face et tendu au sèche-cheveux. tesa le présente comme conçu pour les fenêtres à simple vitrage. C’est réversible et peu coûteux, mais fragile. La pose et les limites sont détaillées dans notre guide du film isolant pour fenêtre.
  • Le survitrage rigide. Une seconde vitre, ou un panneau, posée côté intérieur. C’est la solution la plus efficace de l’étude écossaise : 63 % de pertes en moins par le vitrage, de jour comme de nuit. Le survitrage demande des mesures précises et, le plus souvent, un professionnel.

3. Fermer la nuit : volets, rideaux, stores

Tout ce qu’on ferme devant la vitre crée aussi une lame d’air. L’étude d’Historic Scotland a chiffré chaque option sur la même fenêtre. Les écarts sont nets.

Diagramme en barres des réductions de pertes par un simple vitrage mesurées par Historic Scotland : rideaux épais 14 %, store enrouleur moderne 22 %, store ancien 28 %, store alvéolaire 36 %, store doublé d'un film réfléchissant 45 %, volets en bois 51 %, survitrage rigide 63 %, survitrage et volets 75 %
FIG. 2 · CE QUE GAGNE CHAQUE SOLUTION, LA NUIT

Trois leçons en sortent. Les volets restent les meilleurs alliés : fermés, ils ont réduit les pertes par la vitre de 51 %. Un rideau épais seul fait peu, 14 %, mais il s’ajoute au reste. Et un simple store enrouleur thermique, surtout doublé d’une face réfléchissante tournée vers la vitre, se rapproche des volets. Les auteurs notent enfin que les meilleurs résultats viennent des combinaisons, volets et rideaux fermés ensemble.

Ces mesures ont une limite que l’étude rappelle : elles coupent la lumière, donc elles ne servent que la nuit. Le jour, ouvrez tout pour profiter du soleil, qui chauffe gratuitement la pièce à travers la vitre.

Si la buée apparaît après vos travaux, lisez notre guide sur la condensation sur les fenêtres : elle dit presque toujours que la vapeur ne sort plus assez.

Simple vitrage : jusqu’où aller sans changer la fenêtre

Joints, film et volets fermés la nuit améliorent nettement le confort d’un simple vitrage. Ils ne le transforment pas en fenêtre moderne. Dans l’étude écossaise, le remplacement de la vitre par un double vitrage mince réduisait les pertes de 55 %, et le survitrage rigide de 63 %, cette fois de jour comme de nuit. Si le bois est sain, garder la fenêtre et lui ajouter un vitrage plus isolant est souvent possible : c’est un travail de menuisier. Si le bois est pourri ou la fenêtre déformée, aucun calfeutrement ne tiendra.

Ce qu’il vaut mieux éviter

  • Un cordon de silicone ou de mastic entre le vantail et le dormant : la fenêtre ne s’ouvre plus, et on ne peut plus aérer.
  • Du ruban adhésif sur la grille d’entrée d’air ou sur les bouches de la VMC.
  • Un joint adhésif collé par-dessus le joint d’origine d’une fenêtre récente : la fenêtre force, la poignée durcit et la ferrure s’use.
  • Un rideau qui tombe sur un radiateur placé sous la fenêtre : la chaleur reste piégée entre le rideau et la vitre.

Nomenclature

Le matériel de base pour traiter une fenêtre ancienne avant l’hiver. Choisissez le joint d’après le jour mesuré.

Liens affiliés : le site touche une commission sur les achats, sans surcoût pour vous.

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  • Par jour de vent, le dos de la main ne sent plus d’air au pourtour du vantail.
  • La feuille de papier résiste sur les quatre côtés.
  • La fenêtre ferme et s’ouvre sans forcer.
  • L’entrée d’air et les bouches de ventilation sont libres.
  • Volets, rideaux ou stores ferment toute la vitre le soir et s’ouvrent le jour.
  • Aucune buée nouvelle n’apparaît sur les vitres les jours suivants.
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Quand appeler un pro ? Si le bois est pourri, si la fenêtre est déformée au point de ne plus fermer, ou si l’air passe entre le dormant et le mur plutôt qu’autour du vantail, le calfeutrement ne suffira pas. Un menuisier saura dire si la fenêtre peut recevoir un vitrage plus isolant ou un survitrage, ou s’il faut la remplacer. Faites aussi venir un professionnel si la buée et les moisissures s’installent après vos travaux : la ventilation du logement est alors à revoir.

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